• Analyse de la loi #EGALIM après son vote en première lecture à l’Assemblée Nationale.

    Après le long travail de concertation entrepris avec les acteurs de toutes les filières, effectué au sein des Etats généraux de l’alimentation, le texte repose sur deux axes principaux autour de l’amélioration de l’équilibre des relations commerciales dans le secteur agricole et alimentaire, tout en mettant en œuvre les conditions d’une alimentation saine et durable.

    Adopté en première lecture à l’Assemblée nationale, ce texte consacre de nouvelles avancées sur de nombreux aspects que je considère primordiaux.

    En ce sens, il est prévu une inversion de la construction du prix payé aux agriculteurs en prenant en compte les coûts de production, ce qui est indispensable pour rétablir un rapport de force équilibré entre les parties.

    De plus, l’amélioration de l’équilibre des relations commerciales dans le secteur alimentaire et agricole sera raffermie par l’expérimentation du relèvement de 10% du seuil de revente à perte. Cela va dans le sens d’une meilleure rémunération des producteurs.

    Dans le même temps, nous avons souhaité renforcer la prise en compte du bien-être animal en prévoyant un système nouveau de sanctions en cas de mauvais traitement sur les animaux. Il est introduit de la même manière une expérimentation, sur la base du volontariat, d’un dispositif de contrôle par vidéo dans les abattoirs et un renforcement du statut de lanceur d’alerte au sein des abattoirs afin de protéger les personnes pouvant être témoins d’infractions de maltraitance animale.

    Le cœur de ce projet porte aussi une volonté de lutte contre le gaspillage alimentaire. Il est désormais consacré juridiquement la possibilité d’une mise à disposition par les restaurateurs pour leurs clients, des contenants réutilisables ou recyclables permettant d’emporter les aliments ou boissons non consommés sur place.

    Il est également prévu un renforcement en faveur de l’étiquetage des produits vers une transparence totale des pays d’origine des vins et des miels.

    Des objectifs sur la restauration collective ont aussi été posés afin qu’il soit utilisé 50% de produits locaux et de qualité dont 20% de produits biologiques à l’horizon 2022. Cet engagement en faveur des circuits courts est très important pour mieux valoriser les productions locales.

    Quant à l’amendement visant à interdire le glyphosate en 2021, je tiens à préciser que le vote ne portait pas sur l’interdiction ou la non-interdiction du glyphosate dans trois ans, bien que cet objectif soit porté par la majorité et le gouvernement. Le vote porte d’abord sur des enjeux de santé publique, comme de relation à l’agriculture, de respect de l’environnement, des urgences d’aujourd’hui et de véritables enjeux d’avenir. Au contact quotidien des agriculteurs et bien sûr des consommateurs, je suis extrêmement conscient des défis auxquels nous sommes confrontés. C’est donc alerte, et en responsabilité, que j’ai décidé en conscience de ne pas voter l’inscription dans la loi de l’interdiction à trois ans, dans l’attente d’une solution durable pour tous.

    Ma position est de faire confiance aux acteurs du monde agricole et en mobilisant la recherche car il est nécessaire que ce soit l’ensemble des protagonistes qui se saisissent du sujet. C’est ce choix de la confiance qui permettra une sortie progressive de l’utilisation du glyphosate dans les trois ans.

    Mais je reste dans le même temps attentif et concerné par ce dossier, c’est pourquoi j’ai fait le choix de faire partie du groupe de travail mis en place par le Ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation, Stéphane Travert, pour contrôler cette sortie progressive. Si, dans les 24 mois à venir nous constatons qu’aucune avancée réelle n’aura été réalisée, nous nous gardons la possibilité d’inscrire cette interdiction dans la loi.

    Ainsi, nous avons pour feuille de route une évaluation à intervalles réguliers des solutions alternatives proposées à la filière.

    Mon vote se base dès lors sur les nombreuses avancées que la loi EGALIM apporte. Amplifier le rapprochement entre production et distribution, répondre aux besoins de proximité et de lien social dans la filière agricole sont des solutions pour accompagner nos territoires.